Exposition
Pour tous ceux et toutes celles qui connaissent Jean-Paul Friedmann, cette première exposition est sans doute à son image : les couleurs vives interpellent, les motifs « classiques » s’approchent par moment du graff ; la peinture est abstraite non dénuée d’esthétisme. On peut se dire qu’un tableau de Jean-Paul Friedmann lui ressemble : il est tout à la fois précis et élégant, osant les couleurs sans jamais verser dans l’agression de l’œil, moderne sans verser dans le pur contemporain par trop incompréhensible.
La répétition des motifs, que son auteur définit par la série des « spaghettis », met en place un système quasi formel : imaginez le temps passé à manier l’espace de la toile, la ligne épaisse qui cercle les motifs, remplis un à un pour permettre la bonne juxtaposition, le nombre suffisant de cet alphabet imaginaire que l’on peut emprunter tel un labyrinthe.
La courbe, le rond – que Jean-Paul affectionne tant- se perd dans un dédale de crochets, de vrilles, désoriente le spectateur, d’autant que ses toiles sont généralement en grand format.
La proportion élégante de ses toiles – traits de couleurs vives en arrière plan, belle proportion des motifs en premier plan- laisse place à une vision plus complexe, quasi intestinale, à la limite du dérangement répétitif.
Il n’y a pas de place pour la nostalgie dans les tableaux de Jean-Paul Friedmann, tout comme dans sa vie : d’une ligne représentative qui caractérisait son travail dans le passé, la gamme de couleur s’est durcie jusqu’aux noirs, les formes se sont compliquées, toujours animées d’un même moteur, la précision du trait, l’espace imaginaire qu’il est le seul à contrôler. Son travail porte à présent sur l’abstrait parce qu’il aime pousser ses limites.
Mais avant tout chose Jean-Paul Friedmann s’amuse beaucoup en peignant. Profitons-en.
Du samedi 23 janvier au samedi 27 mars 2010
Galerie HD14
9h à 12h et de 14h à 18h, sam de 11h à 19h
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